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5
MAI 1976
"UNE NUIT DE FEU"
5 MAI 1976 -
Après une nuit agitée, la corse fait son bilan : 21 attentats
revendiqués dont 18 recensés le 5 mai, certains seront découverts
plus tard. Il faut entendre le préfet Riolacci ou le lire dans la
presse de l'époque pour se rendre compte du tournant décisif que va
connaitre la Corse avec sa relation qu'elle entretient avec la
France.
"Série
d'attentats à l'explosif" titrait corse matin du 5 mai,
très peu d'élément sur la première nuit bleue du FLNC, il faut
attendre le 6 mai pour que les quotidiens, Corse Matin et le
Provençal Corse, titrent "18 ATTENTATS jamais la Corse
n'avait connu une telle "nuit de feu" et l'annonce de la
constitution d'un "Front de Libération Nationale". Les images du
journal de TF1 sont frappantes,, les commentaires sont éloquent, la
conclusion du reportage parle de lui même : "on ne sait pas
l'importance de ce mouvement, mais l'opération de la nuit dernière prouve
que ces hommes qui composent ce mouvement ont choisi la violence"
Alors que c'est il passé
dans la nuit du mardi 4 mai au mercredi 5 mai 1976 ?
Après quelques semaines de trêve
initié par les groupes clandestins (pour mémoire le F.P.C.L s'était
dissout très peu de temps avant la création du FLNC), une opération puissante et efficace a été effectué sur le
territoire Corse par un nouveau groupe clandestin, le Front de
Libération Nationale Corse. Plus encore que le nombre et la
concomitance des actions commises, ce sont les objectifs qu'il faut
retenir. La personnalité ou les bâtiments visés sont éloquent.
AIACCIU (4)
Entre 21h30 et 23H à Aiacciu, 4
attentats sont commis dont un contre Cyrneacolor qui a eu pour
conséquence de provoquer un incendie tellement important qu'il a
fallu évacuer un immeuble voisin
Cyrneacolor appartenait a
monsieur Camille Guerra, rapatrié d'Afrique du nord. Il avait
déjà été visé en 1975 par un attentat.
Deux autres attentats donc ont eu
lieu sur Ajaccio ce soir là : L'un ciblait la voiture du
secrétaire général de la préfecture et l'autre ciblait la DDE.
La voiture a été mise hors d'usage et la DDE a subit d'important
dégâts. 200 grammes ont suffit à détruire la Citroën DS 19
immatriculé 1 CV 20 appartenant à l'administration préfectorale et
conduite par M Yves Mansillon, secrétaire général de la
préfecture de corse du sud. Au même endroit, l'année précédente, le
16 avril 1975, le Citroën CX 2200 qu'utilisait M Mansillon avait été
totalement détruit par un incendie criminel.
Le dernier attentat a touché vers
minuit dans le quartier Castelvecchio un véhicule, une camionnette
Volkswagen appartenant à la société Ecotra dont le gérant est
un rapatrié d'Afrique du nord. Le 18 décembre 1975, la société
Ecotra avait déjà été visée par un attentat
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Commentaires du journal
sous la photo : 4 attentats à Aiacciu, 2 attentats à Bastia,
3 à Corti, 1 à Sartè, 1 à PurtiVecchju, 3 à Ghisunaccia, 2 à
Linguizeta, 1 à Cuttoli = 18 manque 3???. De 21H30 à 2H40, dans la
nuit du 4 au 5 mai 1976, le fracas des explosions a déchiré la nuit.
Les dégâts sont souvent très importants. Ils sont spectaculaires à
Aiacciu, où les Ets Cyrneacolor ont été complètement détruits par le
feu, en dépit d'une lutte que les pompiers (notre photo) ont menée
pendant plus de cinq heures. A signaler d'autre part, qu'une charge
de plastic a explosé l'autre nuit près du palais de justice de
Marseille, ne causant que des dégâts minimes. Ces attentats sont
accompagnés de l'annonce de la constitution d'un FLN (Front de
Libération Nationale), qui a diffusé par voie de tracts. (photo
Joseph Peraldi) |
SARTENE (1)
C'est une très forte charge,
beaucoup plus importante que celles d'Aiacciu, qui a explosé à
minuit pile à Sartè. Plus d'un kilo avait été placé contre le mur
d'enceinte de la sous-préfecture et son garage dont le mur a
été fortement ébranlé. Cette sous préfecture avait déjà connu 4
autres attentats (depuis 1976, cette sous préfecture a sauté
régulièrement depuis 30 ans)
BASTIA : (2)
Deux attentats ont
touché dans la nuit du 4 au 5 mai, la DDE (Direction
Départementale de l'Equipement) installé "résidence Bertrand" au
quartier de Toga à 21H et vers 21H15 la perception de Bastia
a été touchée. La DDE venait d'être installé depuis peu et la
perception n'avait que deux mois d'ouverture. Les charges ont été
estimé à 300 grammes.
LINGUIZETTA (1)
Un attentat contre
le camp naturiste de CORSICANA situé à Linguizetta a détruit
entièrement un bungalow de 100 mètres carré. Le camp CORSICANA est
dirigé par un allemand M. Hoffman.
Sur cette action il
y a un doute a l'heure ou je fais mes recherches. Il semblerait que
les bungalow détruit appartenait à M Cardosi du "San Carlu"
CASATORRA (1)
Un attentat manqué
a été découvert le lendemain de la nuit bleu. Une charge composée de
sept bâtons de substance explosive a été posée contre un engin
mécanique à l'intérieur des établissements "Constructions
Métalliques" sur la commune de Biguglia. Cette société est dirigée
par Mne Aurélie Belmudes, rapatriée d'Afrique du Nord. Le système de
mise à feu n'a pas fonctionné.
CORTI (2 revendiqués sur
3)
Vers 22H30, deux
charges à l'explosifs ont été lancées par les occupants d'une
voiture. La première charge a fait explosion dans la cour de la
Villa du colonel commandant le 2e R.A provoquant d'importants
dégâts. La seconde charge a explosé quelques minutes après à 20
mètres environ de la première sur un immeuble des P.T.T. ou
réside une famille. La aussi les dégâts sont importants. Il n'y a
pas de blessé.
A 00H15, la
dernière charge explosait à l'intérieure du siège de l'APC.
Les dégâts sont très importants. (Cet attentat n'a pas été
revendiqué par téléphone le 5 mai 1976).

FRANCARDO (1)
2,5 kilos
d'explosif ont été découvert à la "Fermette Corse" qui se
trouve entre Ponte Leccia et Francardo. Cette société est dirigé par
M. Bruneau spécialisé dans la fabrication de charpentes. Cette
société avait déjà été touchée par un attentat
GHISONACCIA (3)
Trois fortes
explosions ont eu lieu dans la région de Ghisunaccia. La première à
2H15, provoquait de très important dégât à l'intérieur et à
l'extérieur de la station total situé au nord de
l'agglomération, en bordure de la nationale 198. (Cette station
appartenait à M Martinez, qui vit toujours à Ghisunaccia et
qui a du être plastiqué 3 fois depuis 1976.) La seconde explosion,
20 minutes plus tard, provoquait des gros dégâts au bâtiment de la
S.O.D.I.P.E.C (Matériel agricole et viticole) situé à 300
mètres à droite de la station Total. Le propriétaire était M
Michel Mackiewicz impliqué dans une affaire de fraude sur le
vin. La troisième à 2H40 à détruit presque entièrement l'étude de
Mes Magniez et Grimaldi, situé à l'entrée sud de
l'agglomération. Martinez et Mackiewicz sont des rapatriés d'Afrique
du nord.
PORTO VECCHIO (2)
Une villa à
Cala Rossa, de l'industriel de Damery (Marne) M Serge Lhopital
a été touchée par un attentat. Dégâts assez important.
Une seconde villa
située non loin de celle de M Lhopital a été plastiquée, un mur
s'est écroulé. L'attentat a eu lieu vers 1H15 du matin et son
propriétaire, M Acheurhin, directeur de société à Cotonou (Dahomey)
venait de terminer sa villa. C'est ballot !
CALENZANA(1)
Les installations
sommaires de la Légion étrangère, au champ de tir de Campanella
commune de Calenzana ont été plastiqué.
Le préfet de la
Corse, M. Riolacci, interrogé par les télévisions, les radios et la
presse a passé son temps à minimiser l'action des clandestins en
déclarant notamment : "Il s'agit de mini-incidents et je trouve
excessive l'importance que l'on y accorde". On peut se poser
légitimement deux questions "Etait il obligé de minimiser pour ne
pas reconnaitre le camouflet politique et militaire" ou alors "Etait
il tout simplement stupide ?"
MARSEILLE (1)
Le palais de justice de Marseille
n'a subit que des dégâts légers.
NICE (1)
PARIS (1)
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