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Le
Livre blanc
Per a Nazione Corsa
Conférence de presse (1/4/81)
Introduction et analyse de la
situation
A) Le Colonialisme
B) Les forces politiques traditionnelles
C) Le réformisme
D) Le Peuple Corse
E Le FLNC
Conjoncture
A) les hypothèses
B) La Réalité
Conclusion
CONFERENCE DE
PRESSE : 1/4/81
Introduction
26-1-80, 14-1-80.
30 000 Corses dans la rue pour demander la libération des patriotes
incarcérés pour violences contre l’Etat Français ? C’est
aujourd’hui la donnée essentielle d’une réalité que d’aucuns
cherchent par tous les moyens à camoufler : c’est une véritable
conspiration du silence que tous les partis français prenant le
relai du pourvoir s’emploient à favoriser et cela dans une seul
but : nier la réalité de la lutte de libération nationale et
l’enracinement populaire du FLNC.
Analyse
de la situation
-
Le colonialisme
Il poursuit son
œuvre dévastatrice. Le bilan catastrophique de la colonisation est
vite fait : agriculture, tourisme, industrie, commerce, emploi,
culture, répression… les chiffres parlent d’eux-mêmes. Notre journal
spécial Ribellu est clair. Ces chiffres et ce constat sont
suffisamment repris, même par « l’opposition » pour qu’il soit
nécessaire de les répéter. Nous ferons simplement remarqués que si
ces différents constats sont identique, les causes ne sont pas les
mêmes pour tous. « L’opposition » nie le fait colonial et c’est
logique car elle ne veut pas reconnaitre la nécessité de la Lutte de
Libération Nationale. De toute façon la gauche française ne reprend
a son compte que contrainte et forcée, sous peine de perdre toute
crédibilité, un certain nombre de données tout en les vidant
auparavant de leur véritable contenue ; Elle évite ainsi le fond du
problème et les conséquences qui en découlent. Ignorer par exemple
le problème démographique qui conduit au génocide de notre peuple,
sous prétexte d’antiracisme, est significatif de cette attitude.
Comment peut on défendre un peuple lorsqu’on ni sa minorisation ?
La répression
sévit sous toutes ses formes (intimidations, perquisitions,
interpellations, déportations, assassinats..) partout les suspects
de la sympathie nationaliste sont surveillés dans leurs moindres
faits et gestes, et soumis a toutes sortes de pressions. L’accès aux
administrations, concours, emplois, est trié. Le rapatriement de
certains Corses est bloqué. Même les élus sont suspectés (écoutes
téléphoniques au conseil général). L’arsenal répressif s’étoffe
chaque jour : la Cour de sureté de l’Etat siège en permanence,
relayée par les tribunaux de droit commun (que certains disent
« populaires »).
Les récentes
condamnations pour quelques jets de pierres ou la possession d’un
simple détonateur (3 ans de prison) prouvent les limites de certains
mots d’ordre (suppression de la Cour de sureté de l’Etat). La
justice en Corse est aux mains des clans (déclaration du procureur
Guilloux lui-même) et croire en sa « démocratie » est illusoire. LE,
quadrillage militaire de notre pays se poursuit : 14 nouvelles
gendarmeries (que Giaccobi présente comme une amorce de solution à
la désertification de l’intérieur) vont compléter ce quadrillage et
faciliter le fichage et la répression de notre peuple. L’appareil
c’est :
-
1300 gendarmes
-
500 gardes mobiles
-
700 policiers
-
300 CRS
-
Les barbouzes et les servies parallèles (DST,
SDECCE)
-
L’armée – 6000 hommes – qui multiplie les
manœuvres.
La légion qui a
déjà participé camouflée à des opérations de maintien de l’ordre
(Aleria, Bastia, Bastelica) et participe à de nombreuses opérations
de surveillance. Elle est prête à intervenir officiellement en cas
d’aggravation de la situation.
Ce potentiel peut
être multiplié par pont aérien
Parallèlement les
allogènes affluent, le chômage atteint 9 000 corses (surtout jeunes
et femmes). 3000 corses s’exilent tous les ans. Les clans perpétuent
leur chantage grâce aux escroqueries des emplois « contrats
formation et préformation » ou autres combines et spéculent sur la
misère et le désarroi de la jeunesse corse. C’est là-dessus que
survivent les clans, maintenant notre peuple dans la soumission
(violation de la législation du travail, mépris des conventions
collectives, pressions, travail au noir, conditions de travail
déplorables) avec la complaisance de l’administration (la corruption
règne)
L’intérieur est
mourant : le peuple corse s’exile ou se regroupe dans les villes HLM
(Lupinu, Salines)
Le tourisme a
subi cette année un premier effondrement : les miettes ne suffisent
plus. Seuls les camps camouflés sous les appellations « à vocation
sociale » (PTT, VVF…) ou autres, construits avec l’argent des
contribuables corses ou leur épargne et les trusts internationaux
profitent du tout-tourisme : pour les corses, les miettes et
quelques emplois de larbins.
L’agriculture
s’effondre, l’endettement est la seule solution (les crédits vont
aux gros) la concurrence européenne fait le reste. La SAFER n’est
qu’une arme à double tranchant car quelques solutions individuelles
ne résolvent rien et risquent d’attiser les divisions. Seule une
solution globale peut éviter cela.
La politique
culturelle se résume à une université inadaptée qui ‘en finit plus
de se mettre en place, à une maison de la culture qui censure les
auteurs corses au profit des œuvres françaises.
A une charte
culturelle vide de tout contenu, un enseignement du corse qui ne
subsiste que par le bénévolat…
-
Le Vazziu illustre le peu de cas fait de la
volonté populaire. EDF fait ce qu’il veut pourvu que les intérêts
des tenants du tout-tourisme soient sauvegardés
-
La
CNEXO poursuit son expérience à Pinia malgré l’opposition des
pécheurs qui eux sont à la dérive
-
L’industrie est inexistante (bâtiments et travaux
publics est au bord du gouffre)
-
Le petit commerce est écrasé par le développement
du gigantisme commercial (Corsaire…)
La corse importe
tout et n’exporte rien. Tous les secteurs non rentables sont
asphyxiés. L’argent ne sert qu’à financer les importations ou est
détournée par l’administration et les élus qui profitent de « l’Etat
vache à lait ». La continuité territoriale accentue notre dépendance
et permet une plus grande pénétration des trusts « à la reconquête
du marché intérieur français ».
-
Le chemin de fer est menacé, l’artisanat n’est
pas encouragé
-
L’urbanisme est anarchique et antisocial
-
Les mass-médias sont manipulés…
Devant cela,
l’heure des constats n’est elle pas dépassée ? Nous laissons le soin
de juger de ce que ce bilan aurait été si nous n’existions pas, si à
l’oppression coloniale ne s’opposait pas la résistance libératrice
d’un peuple.
Combien de
projet néfastes n’avons-nous pas empêché (dixit élus eux-mêmes) ?
Que serait notre terre sans notre résistance ?
-
Le haut lieu de la décadence, de la pourriture,
des monopoles
-
L’Etat français y exploiterait le pétrole, y
installerait une base atomique, une centrale nucléaire
-
Les gros capitalistes après avoir acheté s’y
vautreraient comme dans l’ile cavallu, les châteaux, les clubs de
vacances
-
La corse serait leur résidence secondaire
-
Les multinationales seraient maitresses dans
notre pays
-
Les corses y côtoieraient les indiens au musée
des peuples exterminés.
B Les forces
politiques traditionnelles
La
droite (CCB-RPR-UDF).
Elle poursuit sa politique béni-oui-oui au pouvoir. Tout ce que le
pouvoir fait est encensé. La dénonciation de la contestation, et les
appels à la répression sont continuels.
L’approche des
élections pose certains problèmes : le RPR s’insurge de la
prédominance de l’UDF dans la recherche et l’offre d’emplois à leur
clientèle ainsi que dans l’octroi de certains crédits.
Le CCB est
partagé ne sachant qui soutenir…
Cependant
l’union est sacrée lorsqu’il s’agit de condamner le mouvement corse.
La responsabilité de ces gens là est totale.
L’opposition,
elle, dénonce le clanisme mais n’en sort pas. Le PCF est invalidé à
Bastia par le PS. Le PCF est élu à Bastia grâce au clan Giaccobi. A
Calvi, Carlotti du PS soutient Colonna lequel est soutenu par
Giaccobi et est l’ami du RPR Pasquini au collectif des élus. Le MRG
Alfonsi soutient Colonna et vote Mitterrand, alors que Giaccobi
soutient Crépeau.
A Calvi le RPR
est élu grâce à la gauche.
Les salades et
les alliances contre nature sont le lot de la gauche comme de la
droite.
Le
MRG.
Tantôt à la droite, tantôt à la gauche caractérise les pratiques
clanistes présentes dans tous les faits quotidiens. C’est la
pulitichella, longtemps appelé, longtemps appelé par Riolacci à
rejoindre Giscard (vu son attitude anti nationaliste corse) le clan
Giaccobi joue aujourd’hui sur les deux tableaux. Son soutien à
Crepeau, qui affaiblit Mitterrand au premier tour, lui laisse le
champ libre pour le deuxième tour. Son choix se fera en fonction des
chances de la droite ou de la gauche.
Le
PCF.
Il poursuit sa politique nationaliste française, adoptant des
attitudes de l’extrême droite envie. Il s’attaque aux immigrés tout
en nous traitant de racistes, lorsque nous prenons pour cible des
français qui sont en corse parmi les plus nantis, protégés qu’ils
sont par la « paix française » qui vise au génocide de notre peuple.
Il poursuit avec haine ses attaques incessantes contre le FLNC,
reprenant les calomnies du pouvoir. Certains n’affirment t ils pas
que pour la préparation du fameux 9 septembre 1977, Riolacci ayant
convoqué tous les élus (conseil général) pour leur demander de
cautionner politiquement les tenants de la Corse Française (les
barbouzes), seul le Maire de Corti quitta la salle, le Maire de
Sartè y demeurant jusqu’au bout avec d’autres « élus de gauche » ;
remarquons que ce dernier s’était déjà signalé en défendant la base
de Solenzara avant le raid de Kolwezi et en accueillant Giscard
alors que la répression sévissait. Au niveau international, le PCF
poursuit sa politique d’inféodation à Moscou, approuvant
l’envahissement de l’Afghanistan « au nom du droits des peuples à
disposer d’eux-mêmes ». Lors de la préparation de la manifestation
du 14 janvier 1981 le PCF a essayé en vain de faire passer la
condamnation du FLNC (avec la ligue des droits de l’homme) en
préalable à toute mobilisation.
Le
PS.
L’éventualité d’une victoire électorale leur a permis un regain
d’activité qui s’est surtout traduit par un constant appel aux
nationalistes. Par la Ligue des droits de l’homme interposée, ce
parti a tenté une OPA sur le mouvement national, considérant
celui-ci dans l’impasse en utilisant le désarroi des familles de
patriotes sur le thème de l’amnistie, il a en fait tenté la mise en
place d’un front d’organisations démocratiques antiviolence pour
marginaliser la lutte de libération nationale et le FLNC. Les
derniers résultats électoraux ramènent les choses a leur juste
valeur (Bastia, Calvi, sénatoriales…) leur manœuvre a échoué car le
peuple n’est pas dupe. Le PS promet m’amnistie et prône le statut
spécial dans le seul but de marginaliser U Fronte. Mais comment ne
pas remarquer le manque d’unité de ce parti corse, le Sud ignore
quasiment le statut, le Nord représente peu de choses (n’oublions
pas que Giaccobi, responsable de la campagne Mitterrand en 1974 est
opposé au statut). Le grave problème culturel est abordé sous
l’angle du fait national corse par le Nord et expliqué différemment
par le Sud (Culture Corse Français + Immigrés = melting-pot
culturel)
C
Le réformisme
L’UPC. Les
dernières péripéties du procès Bastelica ont définitivement situé ce
mouvement. Après une tentative de négociation avec le pouvoir UDF
(entrainant une dure réaction du RPR au conseil régional) sur la
base de la libération des prisonniers de Bastelica, les dirigeants
ont opté pour la gauche française. Cette négociation ne pouvait
qu’échouer, le pouvoir étant piégé car libérer ceux de Bastelica
impliquait la reconnaissance des barbouzes et donc le désaveu de
Riolacci.
La logique
coloniale a donc joué. L’espoir d’une troisième force entre nous et
les tenants du statu quo étant balayé provisoirement avec Giscard,
les dirigeants de l’UPC ont donc changé leur fusil d’épaule.
L’arrivée
de 1a gauche au pouvoir leur permettrait d'envisager la formation
d’un front d'organisations démocratiques anti-FLNC, afin de pouvoir
s'élargir et d'éviter ainsi l'éclatement. Les « tenants de la Corse
au-dessus des partis » se trouvent ainsi, bon gré mal gré, récupérés
par un système qu’ils ont soit disant toujours combattu.
La crise qui
sépare une direction au comportement en dents de scie d’une base
sincère et voulant aller de l’avant, est suffisamment visible et
significative de l'ambigüité de leurs choix pour que nous insistions
la dessus
D
Le peuple Corse
Les peuples
évoluent, mais ils évoluent lentement. Croire qu’un peuple se
soulève un jour d’un seul coup est une erreur. Les peuples suivent
de lentes évolutions, de longues phases d’apathie et de
fermentation. S’ils donnent parfois l'impression de tout renverser
spontanément, c’est une fausse impression (Aleria, Bastia, Bastelica
Fesch) en fait cela n’est autre que l'aboutissement d’une longue et
nécessaire maturation.
Notre peuple,
aujourd'hui, même s’il ne le traduit pas toujours en termes
politiques, ressent le fait colonial et affirme de plus en plus son
identité nationale. Bien que niée par les circuits politiques
français, la question nationale Corse est aujourd'hui posée et seule
la lutte de décolonisation nationale qu'a engagé notre Peuple
s'inscrit dans le processus de décolonisation de ces dernières
décennies. L'histoire de ces luttes nous enseigne que le
colonialisme n`a jamais cédé facilement. Sa logique face aux
mouvements de libération est de s'y opposer par tous les moyens. Les
condamnations de nos frères ne sont qu'une des multiples facettes de
l’arsenal répressif utilisé contre notre peuple.
Face a
l’intransigeance du colonialisme et à sa logique, le peuple sait
aujourd’hui que l’affrontement avec lui est inévitable et qu’il faut
se donner les moyens de combattre l'oppression. C'est pour cela
qu’il se reconnait dans le FLNC.
E.
Le FLNC
Le FLNC est la
seule force politique offrant des perspectives d’avenir à notre
peuple et lui donnant les moyens nécessaires sort combat. C'est un
instrument que chacun, conscient de l'enjeu, se doit de rejoindre
afin de participer a la construction d’un outil de moins en moins
imparfait au service du peuple Corse en lutte. Le FLNC est
aujourd’hui porteur de l'expression la plus consciente de la destiné
de notre peuple Il est l’avant-garde et le moyen. Notre popularité
et notre enracinement sont une réalité que personne ne peu nier
malgré les campagnes d’intoxication et de mensonges orchestrées par
le pouvoir et les appareils des partis français.
Même si le
peuple ne comprend pas toujours nos actions, il ne nous rejette pas.
Nous sommes
parfois trop en avant mais jamais en dehors de notre peuple.
U Fronte
incarne une aspiration profondément nationale et populaire. II est
véritablement la seule structure politique dans laquelle se
reconnait notre peuple qui a pris conscience de la menace de
disparition qui le guette sur sa propre terre. II en est le
stimulateur et défenseur : « Un semu piu in de noi » ce n’est pas
nous qui l’avons inventé c'est une expression populaire. Notre
popularité se concrétise dans nos militants. Notre mouvement
s'enracine dans les forces vives les plus productrices de noire
peuple (la répression en témoigne).
Notre popularité
se concrétise aussi dans nos moyens et le choix de nos objectifs. La
violence, même si moralement condamnable, n’est pas impopulaire
contrairement aux communiqués quotidiens qui martèlent l’opinion.
Ces condamnations, même si parfois nous commettons des erreurs sur
les personnes ou des erreurs techniques, ne viennent en fait que des
médias contrôlés par le pouvoir ou des appareils de partis,
condamnations d'ailleurs que la base de ces partis n'approuve pas.
Un Corse en
danger se défend. La Corse menacée se défend. Face au danger de
disparition la réaction violente de notre peuple est historique et
authentiquement Corse.
Si le problème
corse existe, chacun le reconnait, il n'y a de réaction logique pour
notre peuple que celle-ci. De même, le mot d'ordre IFF que nous
avançons, décriée par tous les appareils de partis ou les medias est
profondément populaire.
Si les appareils
de partis ou les médias ne savent pas déterminer le clivage
Corse-Français, notre peuple dans sa conscience de peuple, même si
cela ne se traduit pas en revendication
Politique, sait
très bien qui est Corse, qui ne l’est pas : « U ghjunghjticciu
Francese o no, sara sempre un ghjunghjticciu »
Bien
que la dénonciation de la colonisation de peuplement soit une
priorité pour
nous
(génocide par substitution) nous n'oublions pas pour autant le rôle
économique, social,
politique, culturel et répressif que certains Corses jouent contre
les intérêts de
notre peuple.
Chacun a quelque niveau que ce soit, doit des à présent en être
conscient. Entre les intérêts du colonialisme et ceux
de notre peuple, le choix s'impose pour eux.
La violence du peuple corse est légitime, elle s'inscrit dans un
processus de résistance
séculaire face
à l'envahisseur. Les médias tentent par un amalgame constant de nous
assimiler
aux Brigades rouges ou autres. Ce n’est surement pas a nous de juger
ou de condamner ces
gens-là. Si ces groupes (Brigades rouges, RAF, GRAPPOS,..)
présentent quelques similitudes
dans le choix des moyens (guérilla entre autres) leur combat ne peut
pas être compare au
notre. Nous assimiler à eux, c'est faire abstraction des fondements
de la lutte de libération de
notre peuple, c’est nier le fait national corse.
Si les medias utilisent de telles manœuvres c'est uniquement pour
permettre aux Etats européens
d'unifier l'Europe répressive en nous discréditant (tous des
terroristes) et criminaliser
nos actions (militants – droits communs) en occultant le motif
politique (exemple Irlande). On nous taxe de terroristes, mais on
oublie que deux fois en un an, 30 000 personnes ont défile
pour exiger la libération de ceux que le pouvoir et les appareils
politiques traitent de terroristes.
Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes des patriotes
corses...
Dans le monde, notre solidarité s'exerce envers tous les peuples qui
luttent pour leur liberté.
En Europe nous nous reconnaissons, par exemple dans la lutte des
peuples basques et irlandais.
Le rôle du Front n’est pas de se substituer au peuple corse pour
prendre en charge sa libération.
Sans contre-pouvoirs populaires, sans prise en main par le peuple
lui-même du pouvoir
économique et politique, il ne peut y
avoir
de libération ; celle-ci ne peut donc être le fait que
du peuple lui-même.
Mais l'histoire a montré, en Corse et ailleurs, que
sans direction politique capable de maintenir sans dévier la
perspective finale, pour nous c'est la libération nationale, les
luttes populaires
s'enlisent ou sont détournées par les réformistes. Saul le FLNC peut
jouer ce rôle. C'est-à-dire :
-
Faire prendre conscience au peuple de la nécessite de la lutte de
libération par
un travail de
propagande et designer les véritables ennemis.
-
Faire en sorte que le peuple s'organise et prenne en charge, partout
ou c’est nécessaire,
cette lutte jusqu’à la mise en place de structures de contre-pouvoir
a tous les niveaux de la vie
économique, politique, sociale et culturelle.
-
Donner à la lutte des perspectives politiques claires, c'est-à-dire
a la fois définir des revendications
largement mobilisatrices et faire en sorte que la lutte pour ces
revendications aboutissent
a la lutte pour la libération nationale. Ce sont ces perspectives
politiques claires qui permettent
à toutes les luttes sectorielles, à toutes les structures de
contre-pouvoir de converger
pour la prise du pouvoir économique et politique…
-
Frapper militairement le colonialisme partout ou c'est nécessaire
pour l'affaiblir et permettre à
la lutte du peuple corse de progresser. Mais il serait illusoire de
songer faire la guerre a l'Etat français et la gagner. Il faut être
conscient que notre victoire sur le colonialisme sera politique. La
lutte armée est on élément pour affaiblir l'impérialisme, situer les
responsabilités et donner
plus d'impact à notre combat sur le plan international, Mais nous
savons que seule, elle serait
totalement inefficace.
Le
Front avance dans le sens de l'histoire de notre pays. II est
aujourd'hui la force essentielle
de la vie quotidienne.
C'est
une réalité incontestable : la nier ou l'occulter est une erreur
grave ; la minimiser, la
discréditer, la salir n’est que propagande anti-corse. Tenter de
marginaliser le Front par la création
d’un Front antiviolence, c’est reprendre les tentatives de Riolacci
(droite-gauche confondues).-
référence déclaration Pieruccicse.
Conjoncture
Les
26 avril et 10 mai 1981 ont lieu les élections françaises : des
urnes sortira le chef de
l'Etat français.
Ces élections ne nous concernent pas. Nous appelons a l'abstention
car le pouvoir de
droite ou de gauche ne lèvera pas l'hypothèque de la domination
française sur notre pays les
solutions apportées ne pourront que de secours.
A
Les hypothèses
-
La droite est réélue
La
colonisation et la répression se poursuivent et se renforcent (des
professionnelles barbouzes
envisagée.) un semblant de statut est peut-être accordé. Une
troisième force éliminant
les tenants du statu quo discrédité est mise en place pendant que la
répression s'accentue
contre le mouvement national.
-
La gauche est élue
Les
solutions avancées ne sont que sectorielles et électoralistes. La
gauche aujourd'hui est condamné a embrayer sur le mouvement national
pour ne pas se couper du peuple. Chirac, en
déclarant que la répression n’est pas la solution, a le même
comportement. Mais la position de
la gauche vis-à-vis du mouvement national c'est la condamnation et
l'appel a la répression
(discours Marchais), d'ailleurs comment peut-on demander la
libération de ceux que l’on condamne
à chaque attentat. La gauche vis-à-vis du mouvement national ne
demande que la « clémence ».
Ce n’est pas une solution pour la Corse, car il n'y a pas de
solution politique en
dehors de la reconnaissance de la réalité nationale corse.
La
libération de nos frères est promise ainsi qu'un statut spécial mais
le clan Giaccobi ne
se
prépare-t-il pas a être l'interlocuteur de Mitterrand en Corse ? Il
est opposée au statut et a
toujours appelé à la répression, tout comme l'ancien député Alfonsi
(rappel de sa déclaration
du Boeing).
La
Cour de sureté de l'Etat est supprimée mais nos « juges naturels »
seront-ils plus
cléments. Les tribunaux corses seront-ils plus indépendants, plus
démocratiques (manifestants
d'Aiacciu, reprise des clans REF procureur Guilloux lui même) ;
n’est-ce pas le moyen
d'occulter !es mobiles politiques surtout au niveau international ?
Toutes ces promesses ne
nécessitent-elles pas une majorité parlementaire (vote au
Parlement...).
B
La réalité
Même
en admettant que le visage du colonialisme change, que les données
politiques changent,
cela entrainerait il pour autant un changement
dans les rapports de l'Etat colonial
avec la lutte de notre peuple.
Toutes
ces promesses peuvent-elles résoudre le problème corse ?
Nous
disons non car
seule la lutte de libération nationale peut sauver notre peuple ;
Ramener
la lutte de libération en
un problème de violence est un alibi ?
Nous,
nous disons que ce n’est pas la violence qui
entraine la répression mais la revendication politique avancée ; le
problème corse est un
problème politique et non militaire ; le problème c’est la remise en
cause des liens coloniaux.
Quels que
soient les moyens employés, la répression du pouvoir de droite ou de
gauche
s’abattra un jour ou l’autre : un pouvoir de gauche n'accrochera ou
ne négociera le droit à l'autodétermination
que contraint et forcé.
Pour que la violence cesse et que la paix revienne il faut abattre
le colonialisme car la violence
c'est l’oppression française.
La
lutte de libération nationale mettra fin à l'oppression et a
l'exploitation coloniale de la
Corse ; elle va bien plus loin qu'une simple modification des
institutions. Elle suppose que le
peuple corse soit de nouveau maitre chez lui, maitre de son destin
économique, politique, social
et culturel.
Elle suppose qu’il ait récupéré sa terre, ses richesses, la maitrise
de ses moyens de
commerce et d'échange.
Elle
suppose qu’il puisse décider librement, non seulement de ses
institutions, mais aussi de
ses relations avec les autres pays de la Méditerranée, de ses choix
en matière de développement
Économique et en matière de société, le tout en fonction de ses
besoins et de sa culture.
Le
peuple corse ne peut arriver à cela que :
-
par la reconnaissance de ses droits nationaux
-
la destruction de tous les instruments du colonialisme français
(administration, colons, forces
d’occupation et de répression)
-
confiscation des grandes propriétés coloniales, des trusts
touristiques et annulation de
toutes les transactions spéculatives depuis 1962 ;
-
instauration d’un pouvoir populaire et démocratique,
expression de la volonté du peuple corse par le suffrage universel
réhabilité ;
-
réalisation de la reforme agraire pour assurer les aspirations des
paysans, des ouvriers, des
intellectuels et débarrasser le pays de routes les formes
d'exploitation ;
-
droit à
l'autodétermination dont les modalités de déroulement
seront définies lors des
négociations avec
la France.
Conclusion
Cependant
la promesse de libération de nos frères et le choix ambigu de l’UPC
ne contribuent
guère à la clarification et laissent espérer beaucoup à certains
(l’aspect humanitaire
jouant un rôle non négligeable).
Aussi pour ne
pas donner d'arguments a ceux qui sans arrêt nous accusent de faire
le jeu
du pouvoir partant du principe que la violence sert ce pouvoir (mais
oubliant que le problème
est politique et non pas un problème de violence...) et qui en cas
de défaite de la gauche ne manqueraient pas de nous en faire porter
la responsabilité (élections de 1978) nous avons
décidé une suspension de notre activité
Cette trêve
démontrera si besoin était encore que la seule solution pour sauver
le peuple
corse c'est la notre et balayera les illusions réformistes
entretenues par certains au détriment
de la survie de notre peuple.
Cela
implique un désaveu total par avance de tout attentat pouvant être
perpétré à dater
de demain soir.
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livre blanc) |